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L’assurance maladies graves, et le montant qui a du sens

Montants calculés avec les hypothèses d’août 2026 · Page vérifiée le 14 août 2026 · Sources officielles en fin de page

La réponse courte

L’assurance maladies graves ne remplace pas un revenu. Elle verse un montant forfaitaire, une seule fois, au diagnostic, que tu puisses travailler ou non, à condition que la maladie corresponde à une définition écrite dans ton contrat. Elle sert donc à absorber un choc financier ponctuel : frais non couverts, congé sans salaire de ton conjoint, déplacements, adaptation, épargne dans laquelle tu ne veux pas piger. Le montant qui a du sens est d’environ un an de ton revenu net, arrondi aux 25 000 $ et borné entre 25 000 $ et 200 000 $. Concrètement : 50 000 $ pour un revenu de 75 000 $, 75 000 $ pour un revenu de 100 000 $. Et le point le plus important : si tu n’as pas encore de protection du revenu, elle passe avant celle-ci.

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Maladies graves ou maladies redoutées : le même produit

L’Autorité des marchés financiers classe ce produit sous « assurance maladies redoutées (graves ou critiques) ». Le public, lui, dit « maladies graves », et parfois « assurance cancer ». Ce sont trois noms pour le même contrat. Si tu cherches de l’information officielle, c’est le mot « redoutées » qui ouvre les bonnes pages.

Ce que le contrat exige vraiment

C’est ici que se joue tout le reste, et c’est la partie qu’il faut lire dans le contrat lui-même plutôt que dans un résumé. Trois mécanismes s’additionnent.

Rien de tout cela ne rend le produit mauvais. Mais ça veut dire qu’un contrat de maladies graves ne s’évalue pas seulement au montant et à la prime. La liste et les définitions comptent autant, et c’est exactement le genre de comparaison qu’un conseiller en sécurité financière fait avec les libellés sous les yeux.

Un coup à absorber, pas un revenu à remplacer

Les trois grandes assurances de personnes ne répondent pas à la même question, et c’est ce qui explique pourquoi leurs montants n’ont rien à voir entre eux.

Ce que ça couvreForme du besoinOrdre de grandeur
Assurance vieUn revenu et des dettes à remplacer, sur des annéesDes centaines de milliers de dollars
Assurance salaire (invalidité)Un revenu à remplacer, chaque moisUn montant mensuel, 70 à 85 % du net
Maladies gravesUn choc ponctuel à absorber, une foisEnviron un an de revenu net

C’est pour ça qu’un montant de maladies graves n’a pas à ressembler à un montant d’assurance vie. Tu ne cherches pas à financer vingt ans de niveau de vie pour quelqu’un d’autre. Tu cherches à traverser une période difficile sans vendre tes placements au mauvais moment, sans t’endetter, et sans que ton conjoint doive choisir entre être à tes côtés et payer l’hypothèque.

Le montant : environ un an de ton revenu net

Notre moteur prend ton revenu net, l’arrondit au multiple de 25 000 $ le plus proche, puis borne le résultat entre 25 000 $ et 200 000 $. Voici ce que ça donne, sans retouche.

Revenu brutRevenu net estiméMontant suggéréPrime à 40 ans
45 000 $35 764 $25 000 $14 à 23 $/mois
55 000 $42 020 $50 000 $21 à 34 $/mois
75 000 $54 000 $50 000 $21 à 34 $/mois
100 000 $69 500 $75 000 $31 à 51 $/mois
150 000 $98 550 $100 000 $42 à 68 $/mois
200 000 $124 400 $125 000 $52 à 85 $/mois

Revenu net calculé avec la table d’impôt effectif Québec et fédéral 2026, cotisations incluses. Primes indicatives, non-fumeur, sexe non précisé, tarif du marché canadien relevé en août 2026. Une prime réelle dépend de ta santé, du contrat et de la tarification de l’assureur.

Un détail contre-intuitif du tableau : à 45 000 $ de revenu, le montant tombe à 25 000 $ parce que l’arrondi joue vers le bas. Or les très petits montants coûtent proportionnellement plus cher au dollar assuré. Si passer de 25 000 $ à 50 000 $ ne te coûte qu’une dizaine de dollars de plus par mois, la question mérite d’être posée.

Pourquoi un an, et pas dix

Parce que le besoin s’éteint. Un forfait de maladies graves sert à couvrir la phase aiguë : le traitement, la convalescence, la réorganisation de la maisonnée. Après, soit tu retournes travailler et ton revenu reprend, soit tu ne le peux pas, et c’est l’assurance salaire qui prend le relais, mois après mois, aussi longtemps qu’il le faut. Acheter 300 000 $ de maladies graves, c’est financer deux fois le même trou, à un prix nettement plus élevé.

Un an de revenu net a aussi l’avantage d’être un repère vérifiable : c’est à peu près ce que ton ménage dépense en douze mois.

Ce que la maladie coûte, poste par poste

Le repère le plus solide publié au Canada vient de la Société canadienne du cancer. Dans son rapport spécial de 2024 sur les répercussions économiques du cancer, préparé avec Statistique Canada et l’Agence de la santé publique du Canada, on lit que « le patient moyen doit défrayer près de 33 000 $ en coûts à payer de sa poche et en perte de revenus durant le traitement et le rétablissement ».

Trois précautions sur ce chiffre, parce qu’il circule souvent mal cité. Ce n’est pas un montant annuel : c’est un total à vie. Ce ne sont pas des frais médicaux seuls : les revenus perdus y sont inclus. Et c’est une moyenne canadienne estimée par microsimulation, pas la facture d’une personne en particulier au Québec. Ton propre chiffre peut être bien plus bas, ou bien plus haut.

Les frais qui restent à ta charge

Au Québec, la partie médicaments est encadrée. Pour les personnes couvertes par le régime public d’assurance médicaments, du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027, la contribution en pharmacie est plafonnée à 105,25 $ par mois pour les adhérents, et la prime annuelle maximale payée à Revenu Québec est de 789 $. Ce plafond ne vaut que pour ce que le régime couvre, et une personne assurée par un régime collectif suit les règles de son propre contrat.

Autrement dit : au Québec, le coup financier d’une maladie grave vient rarement du prix des médicaments couverts. Il vient d’ailleurs.

Le congé sans salaire, le tien et celui de ton conjoint

C’est le poste le plus sous-estimé, et il est chiffrable à partir des règles de la CNESST.

Voici ce que ça donne en dollars. Prends un revenu de 75 000 $, soit 54 000 $ nets, donc 4 500 $ par mois. Six mois d’arrêt représentent 27 000 $ de revenu. Si ton seul filet est l’assurance-emploi maladie, le maximum est de 3 159 $ par mois avant impôt, pendant 26 semaines, soit 18 954 $ au total. Une semaine d’attente s’applique normalement, mais une mesure fédérale temporaire la suspend pour les demandes établies entre le 30 mars 2025 et le 10 octobre 2026 : le détail est dans notre guide sur l’assurance salaire. L’écart dépasse 8 000 $, avant même l’impôt retenu sur les prestations. Et ça ne compte pas encore une seule semaine de congé sans salaire de ton conjoint.

Les déplacements et l’adaptation

La Société canadienne du cancer souligne que les personnes vivant loin du lieu de traitement ont plus de frais de déplacement à payer. S’y ajoutent, selon les cas, de l’aide à domicile, de la garde d’enfants, des soins non couverts, ou l’adaptation d’un véhicule ou d’un logement. Ces postes ne se moyennent pas utilement : ils dépendent de ta région et de ton réseau. Le forfait sert précisément à les couvrir sans que tu aies à les prévoir un par un.

Ce que ça coûte, en fourchette

Pour un montant de 50 000 $, voici l’évolution du prix avec l’âge. C’est la variable qui pèse le plus.

Âge à la souscription50 000 $ de couverture
30 ans13 à 21 $/mois
35 ans17 à 27 $/mois
40 ans21 à 34 $/mois
45 ans28 à 46 $/mois
50 ans35 à 57 $/mois
55 ans51 à 83 $/mois

Fourchettes indicatives, non-fumeur, sexe non précisé, relevé du marché canadien d’août 2026. Le statut fumeur change beaucoup le prix : à 40 ans, pour 50 000 $, la fourchette passe de 21 à 34 $ à 35 à 57 $ par mois.

Le prix augmente d’environ 70 % par décennie, et l’accélération se poursuit après 50 ans. Ce n’est pas un argument pour acheter aujourd’hui à tout prix, mais c’est un fait à connaître avant de reporter la décision de cinq ans.

Quand ça ne vaut pas la peine

Notre moteur ne recommande pas ce produit à tout le monde, et il le dit explicitement. Quatre situations reviennent.

Le retour de primes : la question honnête

Beaucoup de contrats offrent une option qui rembourse les primes payées si aucune réclamation n’est faite après un certain nombre d’années. C’est séduisant, et ce n’est pas une arnaque. Mais deux choses doivent être dites clairement.

D’abord, cette option se paie : la prime avec remboursement est sensiblement plus élevée que la prime sans. Les fourchettes affichées sur cette page n’incluent pas cette option, donc une soumission qui la contient sera plus chère. Ensuite, le remboursement dépend de conditions précises, dont le maintien du contrat jusqu’à l’échéance prévue. Une police abandonnée en cours de route ne donne pas nécessairement droit à ce que tu croyais avoir mis de côté.

La bonne façon de trancher est arithmétique, pas émotive : compare l’écart de prime avec ce que cette même somme, placée chaque mois, aurait produit sur la même durée. C’est un calcul que ton conseiller en sécurité financière peut faire devant toi, avec le libellé du contrat.

Maladies graves ou invalidité, si tu dois choisir

Les deux produits ne se déclenchent pas pour la même raison. L’invalidité paie parce que tu ne peux plus travailler. Les maladies graves paient parce que tu as reçu un diagnostic prévu au contrat, que tu travailles ou non.

Conséquence pratique : une maladie grave traitée avec un retour au travail rapide peut déclencher le forfait sans donner droit à grand-chose en invalidité, tandis qu’un problème invalidant qui ne figure pas dans la liste du contrat déclenche l’invalidité et rien du côté maladies graves. Si tu ne peux en prendre qu’une, c’est l’invalidité : elle couvre un éventail de causes beaucoup plus large, et c’est un revenu, pas un montant unique.

Sur l’ampleur du risque, un dernier mot de prudence. La Société canadienne du cancer écrit qu’« on prévoit que 2 Canadiens sur 5 recevront un diagnostic de cancer au cours de leur vie » et qu’« on prévoit qu’environ 1 Canadien sur 4 mourra de la maladie ». Ce sont des probabilités sur toute une vie, pas un risque annuel, et elles portent sur le cancer, pas sur l’ensemble d’une liste contractuelle. L’AMF met d’ailleurs en garde contre l’argument de vente selon lequel la plupart d’entre nous recevront un diagnostic de maladie grave : ce qui compte n’est pas la statistique, c’est de savoir si ton contrat couvre ce diagnostic.

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Nos hypothèses

Toutes les constantes utilisées ici sont publiées avec leur valeur, leur année, leur source et leur date de vérification sur notre page méthode. Les deux qui gouvernent cette page : le montant égal à environ un an de revenu net, borné de 25 000 $ à 200 000 $, et la table d’impôt effectif Québec et fédéral 2026 qui sert à passer du brut au net. Les autres guides sont dans notre index, dont celui sur ce que ton assurance collective couvre vraiment.

Pour aller plus loin

Nos sources et leur date

Plusieurs pages officielles n’affichent pas de date de mise à jour. Nous indiquons donc notre date de consultation.

Cette page est de l’information générale sur un produit d’assurance de personnes. Elle ne remplace ni la lecture de ton contrat, ni l’avis d’un conseiller en sécurité financière, ni les renseignements officiels de l’Autorité des marchés financiers, de la RAMQ et de la CNESST, qui demeurent les références faisant foi. Les montants suggérés et les primes affichées sont des estimations : seule une soumission d’un assureur, après tarification, fait foi. Les paramètres publics cités sont indexés ou révisés chaque année.