Notre méthode de calcul, sans rien cacher
Hypothèses en vigueur : version août 2026 · Mises à jour au moins une fois par année
La plupart des calculateurs d’assurance te donnent un chiffre sorti d’une boîte noire, souvent gonflé, parce que celui qui calcule est aussi celui qui vend. TonBilan fait le pari inverse : te montrer chaque hypothèse, chaque soustraction, chaque source. Si un chiffre te semble discutable, tu peux voir exactement d’où il vient, et remonter à la source officielle.
Les 4 principes qui guident tous les calculs
On travaille avec ton revenu net, pas ton brut. Ta famille vit avec ce qui reste après impôts. On estime ton revenu net avec les taux effectifs combinés Québec + fédéral 2026, cotisations sociales incluses (RRQ, RQAP, assurance-emploi). Calculer sur le brut, comme beaucoup le font, gonfle le besoin de 25 à 44 % selon ton revenu. Deuxième table pour les revenus de remplacement (rentes de la RRQ, prestations d’assurance salaire) : ils sont imposables, mais ne supportent aucune cotisation au RRQ, au RQAP ni à l’assurance-emploi. Les taxer comme un salaire retrancherait environ 8 points qui n’existent pas et gonflerait le manque à combler en invalidité.
On soustrait ce que l’État verserait déjà. Au décès, la RRQ verse une rente d’orphelin (≈ 308 $/mois par enfant jusqu’à 18 ans), souvent une rente au conjoint survivant, et une prestation de décès de 2 500 $. On les chiffre et on les soustrait de ton besoin, aux montants officiels de 2026.
On calcule en dollars d’aujourd’hui. Un besoin étalé sur 20 ans n’exige pas 20 années de salaire dans un compte : le capital versé est investi et travaille. On actualise les flux futurs à un taux réel prudent de 1,5 %, la pratique standard des outils de planification professionnels.
On te dit aussi quand tu n’as pas besoin d’assurance. Tes épargnes réduisent ton besoin. Ta couverture existante est soustraite. Et si tu es déjà bien couvert (ou trop couvert), le bilan te le dit, littéralement. L’analyse d’abord, la vente jamais.
Assurance vie : comment le montant est calculé
On additionne ce qui devrait être couvert, puis on soustrait ce qui l’est déjà :
Ce qu’on additionne
- Tes dettes, hypothèque incluse : pour que ta famille garde la maison, sans les paiements.
- Le niveau de vie du ménage : 70 % des revenus nets combinés du couple, moins le revenu net de ton conjoint ou ta conjointe (qui continue de travailler). En valeur actualisée, sur une durée liée à ta situation : jusqu’aux 23 ans du plus jeune enfant (entre 5 et 20 ans de protection), 7 ans si ton conjoint ou ta conjointe dépend de ton revenu, 2 ans en couple à deux revenus sans enfants.
- Un fonds d’études : 25 000 $ par enfant (15 000 $ si un REEE est déjà en route), l’ordre de grandeur d’un parcours cégep + université au Québec en vivant chez ses parents.
- Les frais de fin de vie : 15 000 $. Pour situer l’ordre de grandeur, la SAAQ indemnise les frais funéraires jusqu’à 8 727 $ et la CNESST jusqu’à 6 612 $ en 2026. On ajoute les frais de liquidation de la succession et un coussin.
- Le travail au foyer : un parent sans revenu d’emploi n’est pas « sans valeur ». Remplacer ce qu’il fait (garde, repas, logistique) coûterait environ 30 000 $ par année. On le compte jusqu’aux 18 ans du plus jeune enfant, entre 250 000 $ et 750 000 $ (la fourchette recommandée par la profession).
Ce qu’on soustrait
- Les rentes de la RRQ : rente d’orphelin (307,81 $/mois par enfant, 2026, comptée jusqu’aux 18 ans de chaque enfant seulement, et plafonnée par prudence au montant du fonds d’études pour chaque enfant après le premier) et rente de conjoint survivant, aux montants officiels 2026 selon la situation du survivant : 719,50 $/mois s’il a moins de 45 ans sans enfant, 1 129,95 $ s’il a moins de 45 ans avec un enfant, 1 173,58 $ de 45 à 64 ans, 881,48 $ à 65 ans et plus. Ces montants sont modulés selon tes cotisations, c’est-à-dire ton revenu par rapport au maximum des gains admissibles de 74 600 $. Ces rentes étant imposables, on les compte au net : l’impôt réel de la rente empilée sur le revenu du survivant est soustrait, en valeur actualisée. Plus la prestation de décès de 2 500 $, imposable dans la succession. La rente d’invalidité de la RRQ, elle, n’est jamais comptée : ses critères (« invalidité grave et permanente ») sont trop stricts pour qu’on puisse s’y fier.
- Tes épargnes et placements, pondérés : un REER légué sans conjoint est imposé au décès (on le compte alors à 55-75 % de sa valeur), un CELI passe au complet.
- Ton assurance vie actuelle : la collective est comptée à 75 %, parce qu’elle disparaît si tu changes d’emploi; si tu détiens à la fois de la collective et de l’individuelle, l’ensemble est compté à 85 %. L’assurance vie hypothécaire souscrite auprès de ton prêteur est comptée environ au solde de ton prêt. À ne pas confondre avec l’assurance prêt hypothécaire, celle qu’exige la loi sous 20 % de mise de fonds, qui protège le prêteur et n’entre pas dans le calcul.
Le résultat, arrondi aux 25 000 $, est ton besoin net de couverture. S’il est négatif ou presque nul, on te le dit : tu es auto-assuré(e) ou déjà bien couvert(e).
Assurance invalidité : le vrai trou dans ton filet
- La cible : remplacer de 70 à 85 % de ton revenu net selon ton niveau de revenu, un barème dégressif calqué sur les limites réelles d’émission des assureurs (afficher plus serait de la fiction : aucun assureur ne l’émettrait).
- Les régimes publics ne suffisent pas, et on explique pourquoi : l’assurance-emploi maladie couvre au mieux 26 semaines à 55 % (max 729 $/semaine, imposable), et les travailleurs autonomes n’y ont généralement pas droit. La rente d’invalidité de la RRQ exige une invalidité « grave et permanente » pour tout emploi. La CNESST et la SAAQ ne couvrent que les accidents de travail et de la route, or la majorité des invalidités viennent de maladies. On les mentionne, mais on ne les soustrait pas de ton besoin : c’est le choix prudent.
- Si tu as une assurance collective, on estime ce qu’elle verserait vraiment (par défaut : 60 % du brut, plafonnée, imposable si l’employeur paie la prime, les valeurs typiques du marché) et on calcule le manque à combler, en dollars nets par mois.
Assurance maladies graves
Le montant suggéré équivaut à environ un an de ton revenu net (minimum 25 000 $, maximum 200 000 $) : de quoi traverser un traitement et une convalescence sans t’endetter ni piger dans tes REER. Pour situer l’enjeu : un diagnostic de cancer coûte en moyenne 33 000 $ au patient canadien sur l’ensemble de sa maladie, en frais payés de sa poche et en revenus perdus (Société canadienne du cancer, rapport spécial de décembre 2024 sur les répercussions économiques du cancer).
Les prix affichés : des fourchettes honnêtes, pas des soumissions
Nos estimations de primes sont calibrées sur les prix réels du marché canadien compilés en août 2026 (bandes d’âge de 5 ans interpolées : pas de saut de prix à ton anniversaire) (comparateurs indépendants et barèmes d’assureurs). Elles tiennent compte de ton âge, de ton statut fumeur, du montant (les gros capitaux coûtent moins cher par tranche de 100 000 $), de ton sexe si tu l’as précisé, et, pour l’invalidité, de ton type de travail, la variable qui pèse le plus sur le prix. Pour l’invalidité, la fourchette affichée est volontairement large (−25 % à +40 %) : le prix réel dépend fortement du produit choisi. Durée des prestations (2 ans ou jusqu’à 65 ans), définition « propre occupation », prime nivelée ou renouvelable.
On affiche une fourchette, jamais un chiffre au dollar près : ta prime réelle dépendra de ta santé, de tes habitudes et du produit choisi. Seule une soumission d’un assureur, après tarification, fait foi.
Le score de protection
Ton score sur 100 est la somme de trois sous-scores : assurance vie (sur 40), protection du revenu (sur 40) et maladies graves (sur 20), moins quelques points si ton coussin d’urgence couvre moins de 3 mois. Chaque sous-score reflète l’écart entre ta situation et ta couverture, pas le nombre de produits que tu détiens. Être bien couvert sans assurance (parce que tu n’en as pas besoin) donne un excellent score : c’est voulu.
Nos hypothèses chiffrées (version août 2026)
| Hypothèse | Valeur |
|---|---|
| Remplacement du niveau de vie du ménage | 70 % des revenus nets |
| Taux d’actualisation (réel, net d’inflation) | 1,5 % |
| Impôt : table effective Québec + fédéral 2026, cotisations incluses | 14,6 % à 30 k$ → 40,3 % à 250 k$ |
| Impôt sur les revenus de remplacement (rentes RRQ, assurance salaire) : aucune cotisation | 10,4 % à 30 k$ → 38,8 % à 250 k$ |
| Fonds d’études par enfant (sans REEE / avec REEE) | 25 000 $ / 15 000 $ |
| Frais de fin de vie | 15 000 $ |
| Rente d’orphelin RRQ (2026, par enfant) | 307,81 $/mois |
| Valeur des services d’un parent au foyer (jusqu’aux 18 ans du plus jeune, borné 250-750 k$) | 30 000 $/an |
| Rente de conjoint survivant RRQ 2026 (selon l’âge et les enfants, modulée selon les cotisations) | 719,50 $ à 1 173,58 $/mois |
| Prestation de décès RRQ, montant maximal (imposable dans la succession, comptée au net) | 2 500 $ |
| REER compté au décès sans conjoint (impôt latent) | 55 à 75 % de la valeur |
| Assurance vie collective (fragile au changement d’emploi) | comptée à 75 % |
| Collective invalidité par défaut | 60 % du brut, plafond 6 000 $/mois, imposable |
| Rente d’invalidité cible (dégressive selon le revenu) | 85 % → 70 % du net |
| Montant maladies graves | ≈ 1 an de revenu net (25 k$ à 200 k$) |
Nos sources principales
Chaque lien mène au document officiel. Si un chiffre te semble discutable, tu peux le vérifier à la source.
- Retraite Québec, montants des prestations et données de base 2026 : rente de conjoint survivant, rente d’orphelin, maximum des gains admissibles
- Retraite Québec, prestation de décès : 2 500 $, imposables dans la succession
- Retraite Québec, rente d’invalidité : critères d’invalidité grave et permanente
- Normes d’hypothèses de projection 2026, Institut de planification financière et FP Canada : inflation de 2,1 %, rendements, actualisation
- Revenu Québec, paliers 2026 et Agence du revenu du Canada, paliers 2026 : table d’impôt effectif, cotisations RRQ, RQAP et assurance-emploi incluses
- Gouvernement du Canada, prestations de maladie de l’assurance-emploi : 26 semaines, 55 %, maximum de 729 $ par semaine en 2026
- CNESST, indemnité de remplacement du revenu et SAAQ, indemnités 2026 : 90 % du revenu net, plafonds distincts de 103 000 $ et 102 500 $
- Société canadienne du cancer, rapport spécial de décembre 2024 : environ 33 000 $ à vie en frais payés de sa poche et en revenus perdus
- Compilations de prix du marché canadien, août 2026 : comparateurs indépendants (PolicyMe, PolicyAdvisor) et barèmes d’assureurs
- Méthodes d’analyse de besoins enseignées au programme de qualification en assurance de personnes (PQAP/LLQP)
Les limites, dites franchement
- Ce bilan est un outil d’information et d’orientation. Il ne constitue pas un conseil en assurance, ni une offre de produit, ni l’analyse de besoins financiers formelle prévue par la réglementation québécoise. Celle-ci sera réalisée avec un conseiller certifié avant toute souscription.
- Il ne connaît pas ton état de santé, tes antécédents ni tes contrats en détail : la tarification réelle peut différer des fourchettes affichées.
- Les hypothèses sont revues au moins une fois par année; entre deux mises à jour, certains montants publics peuvent avoir été indexés.
La meilleure façon de juger notre méthode? L’essayer.
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